Témoignages des fondatrices de Ladies & Basketball

Nous sommes 5 femmes passionnées de basketball : la pratique de ce sport a participé à notre construction individuelle et constitue un véritable vecteur commun entre nous. Aujourd’hui, nous témoignons !

SYRA SYLLA

De nature très timide lorsque j’étais enfant, je me suis mise au basket pour rencontrer des personnes et me faire des amies. J’ai très vite été prise de passion pour ce sport qui est devenu mon quotidien. J’ai abandonné mes études d’ingénieur pour devenir journaliste sportive spécialisée dans le basketball. J’ai réussi à fédérer une communauté autour de mon site traitant de l’actualité du basket féminin Ladyhoop. J’ai pu développer un énorme réseau qui m’a permis de faire partie des activistes référentes dans le basket en France. J’ai depuis créé mon podcast Women Sport Stories dédiée aux sportives de haut-niveau. Le basket m’a offert la possibilité de voyager, énormément, d’interviewer les plus grands joueurs/joueuses, choses que je n’aurais jamais imaginé. Le basket m’a construite, sur un plan personnel et sur un plan professionnel. Et j’ai toujours pensé que s’il m’avait permis d’être celle que je suis aujourd’hui, il pouvait en être de même pour d’autres jeunes. D’où mon désir de transmission et de partage, notamment envers les jeunes filles. Mon parcours m’a poussé à m’investir dans différentes combats, notamment celui pour la place des femmes racisées dans la société et dans l’espace public. Et je pense que le sport peut être un canal essentiel pour cela.

VANINA DORLA

Élevée par une femme célibataire ou je dirai plutôt une femme « CéliBattante », j’ai appris très tôt que la vie n’allait pas être un long fleuve tranquille. Très jeune, j’avais beaucoup d’énergie à revendre et mes loisirs récréatifs étaient déjà assez sportifs mais tout était sous forme de jeu et non par le biais d’un sport. Le square Séverine était mon terrain de jeu préféré. Au collège, je me suis mise au théâtre d’improvisation, timide comme j’étais… cela m’a bien transformé. C’était un bel apprentissage pour développer ma communication avec et vers les autres. Puis j’ai rencontré Mr Basket-Ball, une passion est née. J’ai commencé mes premiers dribbles en street-ball. Peu de filles fréquentaient ce terrain. J’ai appris à m’affirmer et à prendre confiance en moi. C’est en rejoignant une association sportive que les concepts de compétition, de structure, de règle, de respect des coéquipiers et des adversaires, esprits d’équipes sont entrés dans la danse. 20 ans de pratique du basket-ball pendant lesquels j’ai fait de belles rencontres et eu de belles expériences. Tous les savoir-faire et savoir-être acquis tout le long de mon parcours sportif m’ont servi professionnellement. Grâce à tous ces enseignements, un rêve a été exaucé, créer mon activité : Je suis à ce jour ma Propre Patronne. De par mon expérience personnelle, je crois sincèrement à l’apport positif du sport dans la sphère privée et professionnelle.

FALASSA DIARRA

Je suis la cadette d’une fratrie de 5 enfants. Mon père était ingénieur et ma maman était mère au foyer. J’ai commencé à faire du sport à l’âge de 7 ans. En 4ème, j’ai intégré la section sportive de mon collège et mon prof principal me conseilla de faire le test d’entrée à l’INSEP. À mon entrée, j’ai eu une rupture du tendon d’Achille. J’ai du renoncer à ce parcours pour revenir sur un lycée de mon secteur. J’étais tellement déçue que j’arrêtais complètement le sport en général. Un jour, une amie m’a proposé de l’accompagner pour une inscription dans un club de basket et je suis tombée amoureuse de ce sport et surtout j’aimais l’ambiance du gymnase. J’avais l’impression d’appartenir à une famille. J’ai eu la chance de jouer avec une équipe composée d’anciennes internationales du Zaïre. qui ont été bienveillantes envers moi et m’ont tiré vers le haut. Ma passion pour le basket a été l’élément moteur qui m’a donné l’envie encadrer des jeunes au sein du club. Mon équipe m’a fait comprendre que, en tant que femme sportive, je pouvais apporter des conseils aux jeunes du secteur. Travailler au sein d’un accueil parisien et les associations sont pour moi un engagement militant dans lequel je trouve énormément de plaisir. Notre société est de plus en plus individualiste. Une part importante de mon temps personnel est tournée sur mon engagement dans l’éducation populaire.

MÉGANE JEAN-ALPHONSE

Entre le basket et moi, c’est un peu comme une histoire d’amour. Je suis tombée dedans toute petite ; j’ai commencé à 6 ans, et j’ai tout de suite accroché ! Le basket a posé un équilibre autour de l’exigence et l’assiduité. À la maison, il y avait une règle stricte et importante : l’école ne devait jamais être négligée. L’exigence s’appliquait à l’école comme sur le terrain. Couplée au scolaire, le basketball m’a apportée la volonté d’être performante. Ce sport m’a ainsi donné le goût de me surpasser. Le basketball, c’est aussi pour moi bien des rencontres et de beaux souvenirs. Il y a le souci de la performance, de gagner ensemble, de s’élever, mais il y a aussi des valeurs dont on s‘imprègne, notamment autour de l’abnégation et l’esprit d’équipe. Je m’occupe aujourd’hui de la communication d’une institution publique. Nous n’avons pas tous les mêmes chances pour se construire dans la vie, et j’ai conscience d’avoir été plutôt bien lotie avec des parents qui m’ont soutenue et qui, partie de rien, ont fait bien des sacrifices pour que je réussisse au mieux. Aujourd’hui, je souhaite que des jeunes filles aient aussi des catalyseurs, des modèles et des inspirations, pour s’épanouir dans le sport comme dans leur vie scolaire. Je crois que le sport est un vecteur d’évolution fort, de construction, d’ouverture et d’émancipation sans limites. Les consciences s’éveillent, et de plus en plus de jeunes filles osent se lancer. Nous pouvons les accompagner et cultiver leur passion !

KADIATOU TAPILY

Je suis un vrai bout en train qui ne peut se poser. J’ai pris exemple sur ma mère, qui nous a élevée toute seule et a travaillé dur pour notre réussite. Ça a été mon leitmotiv : je me suis dis que je pouvais y arriver tant que j’en avais la volonté. Et pour y parvenir j’ai très rapidement utilisé comme socle le sport. Avec le basket, le crush a été immédiat : des filles autour d’un ballon, pour rire, mais aussi pour gagner, un coach pour cadrer le tout et pour nous donner les moyens d’arriver à la victoire. J’ai été repérée pour entrer en lycée sport études, mais impossible pour ma mère : je devais faire de longues études. J’ai arrêté le basket au début de la fac pour reprendre 4 ans plus tard. Ce que je déconseille car j’avais besoin de me dépenser pendant cette pause et clairement cela a été néfaste pour mon bien-être. Depuis mon arrivée à Paris il y a 7 ans, j’ai repris le basket. Ma philosophie est de casser les barrières et se dire que ce n’est pas parce qu’on vient d’une famille modeste ou d’un quartier sensible qu’on ne peut pas y arriver. Ma première intervention au sein de Ladies & Basketball a été en mars dernière pour présenter mon métier d’avocat avec une médecin noire. La réaction des adhérentes était impressionnante car pour elles être noire et exercer ces professions était impossible. Cette réaction est si triste et si révoltante à la fois, que je me suis dit qu’il fallait vraiment que ça change.

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